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En quelques mots

Un blog qui parle de l’énergie nucléaire en France et dans le monde

Un regard chrétien accessible sur cette énergie si particulière, en sortant des débats économiques et scientifiques stériles,

Se donner des raisons pour continuer à se mobiliser et aller au-delà

Pourquoi ce blog « militant », non favorable au nucléaire, par des catholiques ?

Parce qu’il faut bien se saisir de la question du  nucléaire civil, angle aveugle de la réflexion éthique chrétienne explicite. Pour que les catholiques notamment français, aiguillonnés par un pape sans état d’âme, jouent leur rôle dans la dénonciation de la démesure de cette industrie qui menace la vie. Une industrie/structure de péché liée à la culture de mort et à son industrie de l’armement, dans ce qu’elle a de plus létal.

Un blog pour promouvoir une position ferme de l’Église catholique sur le plan international, à l’image de celle des évêques du Japon, d’Allemagne ou encore des Philippines. Un blog pour s’interroger sur  le bien fondé de l’appartenance du Saint-Siège à  l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique), dont le but principal est la promotion de l’énergie nucléaire, et son développement à travers le monde.

Il faudra pour cela contrer les lobbyistes, qui jusque dans l’Église, colportent le message apaisant d’une technologie prométhéenne, qui nous sauverait de la raréfaction des sources d’énergie, ou encore du réchauffement climatique. Ne se rendant pas compte que ce faisant, de scientifiques éclairés amoureux du Progrès, ils deviennent paradoxalement archaïques et obscurantistes. Leur parole étant déjà largement diffusée, nous n’ouvrirons aucun commentaire sur ce blog, ce que nous déplorons. Nous lirons cependant les remarques de chacun, et ne manquerons pas de contacter les auteurs des plus pertinentes.

Pourquoi maintenant ? On a bien d’autres priorités.

La période est historique. Le tableau du nucléaire civil s’assombrit de jour en jour sur tous les plans, humain, technique, commercial, financier… cependant que le voile se lève sur les naïvetés, les mensonges ou les approximations de ses promoteurs ou de nos gouvernants. Jacques Repussard, directeur de l’IRSN, ne disait-il pas en 2011 qu’on constatait une « statistique d’accident 20 fois supérieure aux objectifs probabilistes annoncés mais que la réalité vient de démentir »?

Que nous le voulions ou non le nucléaire est installé parmi nous, et il nous faut gérer l’héritage pour sortir le moins mal possible de l’impasse. Pour paraphraser M. Repussard évoquant la nécessaire amélioration de la sûreté nucléaire dans le même interview, il nous faut imaginer l’inimaginable, et donc… sortir du nucléaire, en engageant au mieux  le demi-tour, la conversion comme dirait le pape.

Or, la sortie c’est maintenant, car nous ne pourrons pas toujours miser sur le déni, la fatalité, la chance, la procrastination, et le legs d’actifs pourris aux générations futures. Toutes questions aux résonances éthiques par l’irresponsabilité qu’elles manifestent. Outre les risques en tous genres, songeons simplement à la gestion hasardeuse des déchets sur des centaines de milliers d’années, à la nécessité de cultiver la mémoire sur cette période pour surtout ne jamais aller explorer le lieu d’enfouissement, tout en oubliant si possible son existence (S’agit-il de savoir ne pas savoir, ne pas savoir ce que nous savons, ou ne pas savoir ce que nous ne savons pas?). Évoquons aussi  le démantèlement non maîtrisé et sans cesse retardé de nos centrales, ou encore, pour sourire, les négociations surréalistes de la part d’EDF de contreparties financières en échange de la fermeture de Fessenheim.

Par ailleurs la stratégie jusqu’au boutiste de la France dans ce domaine fragilise notre approvisionnement énergétique et la sûreté de notre territoire, et étouffe le développement des alternatives, des énergies renouvelables, et de leur stockage. A tel enseigne que le front commun politique de l’extrême gauche à la droite extrême, pourtant de rigueur depuis le lancement du programme électronucléaire, se fissure.

Pendant ce temps une quelques sénateurs nuitamment et une dizaine de députés votent à main levée en plein été 2016 la loi sur la réversibilité du stockage des déchets, qui engage toujours plus avant les centaines de générations à venir, tandis qu’EDF entend prolonger sine die ses centrales actuelles …et la production des déchets.

Il est donc bien temps de réagir, et de se forger une opinion.

Le Nucléaire, c’est rasoir, compliqué, et ça fait peur.

Certes la matière n’est pas glamour, mais nous tenterons de la rendre accessible  et d’ouvrir des horizons.

Pour la première fois depuis son avènement, l’industrie nucléaire est à genoux. Le roi est nu. Mais il apparaît plus que jamais que les deux causes – sauver le nucléaire tout en nous en délivrant – sont liées car nous sommes nolens volens une communauté de destin, celui de notre maison commune et des générations futures, au cœur de cette huitième œuvre de miséricorde que le pape nous demande d’accomplir.

Ce blog a l’ambition d’offrir une vision de la situation de la manière la plus objective et la plus accessible pour un citoyen « normal », en se fondant sur des sources de première main. Pour appréhender une réalité si complexe que personne ne la maîtrise sous tous ses aspects, et s’approcher autant qu’il se peut de la vérité, nous nous attacherons notamment à déconstruire les grands mythes, selon une méthode d’analyse empirique. Nous  confronterons simplement les affirmations officielles d’hier, avec d’autres citations de responsables ou des faits réels.

Quelques exemples bien connus de ces mythes :«Le nucléaire est compatible avec la démocratie » ; « L’énergie nucléaire nucléaire est sûre » ; « les déchets nucléaires ? il y aura des solutions » ; « le nucléaire civil va assurer notre indépendance énergétique » ; « aucun rapport avec le militaire et la prolifération des armes nucléaires » ; «c’est le nucléaire qui sauvera le climat » ; « l’électricité d’origine nucléaire sera tellement bon marché qu’on hésite à mesurer la consommation » ; « des plans ont été établis en cas d’accident grave ou de catastrophe » ; « le démantèlement » ; « la radioactivité étant naturelle, les faibles doses ne sont pas dangereuses pour l’homme » ; etc.

Notre analyse s’appuiera sur le recul et l’expérience de ces 40 années d’exploitation de l’énergie nucléaire, chose dont ne bénéficiaient pas les opposants de la première heure.

Pour un union sacrée

Pour sortir du nucléaire il nous faut un constat clair propre à asseoir une volonté commune, mais aussi beaucoup de bons professionnels (et de bons contestataires) du nucléaire. Le projet du blog est aussi de réunir les spécialistes des deux camps, qui demain matin travailleront main dans la main pour nous sortir de l’ornière et alléger le fardeau de nos successeurs. Le chrétien est en devoir de poser des gestes de fraternité qui rendent compte de notre Espérance.

Allons enfants, la patrie est en danger. L’heure n’est malheureusement plus aux discussions de salon « pour ou contre », mais à l’action et à l’union. Nous devons inviter à la fraternité ceux qui croient au nucléaire et ceux qui n’y croient pas, et offrir un espace d’écoute aux professionnels qui, à l’intérieur du système, portent, avec de plus en plus de doutes, de très lourdes responsabilités. Nous encouragerons aussi ceux qui le veulent et le peuvent à entrer dans la carrière, non plus pour « faire carrière » comme leurs glorieux aînés du corps de mines, mais au nom de leurs convictions chrétiennes, pour nettoyer les écuries d’Augias.

D.L. et B.C.